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Peintre actif à Strasbourg au début du XVe siècle |
Autour de 1400, Strasbourg qui abrite de nombreux peintres est le théâtre d’une importante activité picturale. Parmi eux figurent deux personnalités artistiques majeures du « gothique international ». Le plus célèbre est le Maître à qui l’on doit le Jardin de Paradis (Paradiesgärtlein), conservé au Städelsches Kunstinstitut de Francfort, un tableau emblématique de l’art courtois. Ses œuvres, reflétant la connaissance de la peinture italienne, sont regroupées pour la première fois autour de la Nativité de la Vierge et du Doute de Joseph (Strasbourg, musée de l’Œuvre Notre-Dame), provenant d’un grand retable de la vie de Marie réalisé pour une église de Strasbourg. Le rayonnement exercé par cet artiste dans le Rhin supérieur dépasse largement le cadre de la peinture de chevalet : des dessins, des gravures et des sculptures reflétant des modèles élaborés par lui et par son atelier l’illustrent dans l’exposition.
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Maïtre du Paradiesgärtlein |
Un autre représentant du style velouté des années 1400 (weicher Stil), le Maître de la Crucifixion au Dominicain (Colmar, musée d’Unterlinden), a été l’une des personnalités éminentes de la scène artistique strasbourgeoises au cours des deux premières décennies du XVe siècle. Sa manière, plus expressionniste et plus âpre que celle du Maître du Paradiesgärtlein, est fortement imprégnée par l’art bohémien. Le seul de ses tableaux qui soit parvenu jusqu’à nous est une œuvre exceptionnelle qui se hisse au niveau des tableaux les plus raffinés du temps. L’exposition permet de faire le point sur ce peintre à l’activité multiforme dont l’identification fait l’objet de propositions nouvelles.
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Hermann Schadeberg |
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Dessin de la moitié nord de la façade de Strasbourg (détail) |
Entre 1365 et 1440, la construction de la cathédrale se poursuit avec dynamisme. Un membre de la dynastie des Parler, l’architecte Michel de Fribourg, est maître d’œuvre pendant la construction du beffroi, situé entre les deux tours jusqu’à la hauteur de la plate-forme et achevé avant 1398. De 1399 à 1439, la façade double de hauteur avec l’érection de l’octogone et de la flèche Nord par l’architecte Ulrich d’Ensingen puis par Jean Hültz de Cologne. Elle atteint 142m, record pour un monument de pierre qu’elle a conservé jusqu’au xixe siècle.
L’exposition révèle des aspects méconnus de la cathédrale et de son chantier : d’impressionnants dessins d’architecture tracés sur d’immenses feuilles de parchemin qui habituellement ne sont pas exposés pour des raisons de conservation, ainsi que des sculptures provenant du beffroi et de l’octogone de la flèche, dont certaines n’ont jamais été présentées au public C’est le cas des magistrales statues du Clerc et de l’Empereur de l’octogone et d’un ensemble de 28 moulages d’après les Damnés et les Élus de la partie haute du beffroi. Ces œuvres témoignent de courants d’influence multiples et en particulier de l’apport du style « parlérien » de Souabe et de Bohême au chantier strasbourgeois. Le magnifique dessin d’architecture enluminé de la partie centrale de la façade de la cathédrale, sur lequel figure la statuaire de la galerie de l’Ascension ainsi que du Jugement Dernier du beffroi, manifeste par exemple une proximité stylistique avec l’art issu du foyer praguois diffusé vers l’Europe occidentale à partir du troisième quart du XIVe siècle.